Nativité à la Piétà, au commencement …

La genèse d’une oeuvre est toujours complexe et reste de toute façon inexplicable. Ce dessin recto-verso n’échappe pas à la règle…

Lorsqu’il y a bientôt 6 mois, la demande me fut faite de créer une oeuvre pour cette  exposition des crèches de nos villages à Brenouille (Oise), j’acceptais non sans appréhension. En effet, créer sur un tel sujet aujourd’hui, avec tout ce que l’Histoire de l’Art nous a livré en chef-d’oeuvre, me semblait d’abord une gageure que je prenais ensuite comme un défi.

nativite verso 1

Piétà, verso du dessin mis en scène

D’une facture plutôt classique, mon travail s’inscrit effectivement dans une tradition iconographique qui n’a rien d’innovante. Outre le fait que je travaille avec de l’huile de vidange, ce déchet aux vertus  pourtant insoupçonnées, et outre le fait que le dessin recto-verso trouve une dimension sculpturale par sa mise en scène dans la boîte transparente où il est suspendu dans l’espace, comme par magie.

Je  n’ai pas l’âme d’un dévot, loin s’en faut : sans prosélytisme aucun, je reste un laïque convaincu d’athéisme. Et tout cela me semblait rajouter à ma difficulté de traiter un sujet pour lequel je n’ai spirituellement aucune attirance : seule l’ombre sombre d’un caravagisme pouvait m’aider dans cette tâche…

Le défi s’en trouvait donc assez périlleux, et la difficulté aussi de permettre à un tel sujet, usé ?, dépassé ?,  de trouver sa place dans l’espace contemporain (et dans le mien) :  il ne pouvait s’ouvrir à moi par la seule compassion, donc, même si j’ose croire par ailleurs que tous les ingrédients présupposaient cette permission.

nativite recto 2    nativite verso 2

Nativité (recto)                                      Pietà (verso)

Mon alpha était donc noir comme l’huile de mon moteur, et mon oméga l’émotion qu’un tel sujet peut supposer chez celui qui a la foi. J’ai du moins aujourd’hui cette simple et sincère prétention d’avoir abouti,  et l’espoir d’avoir atteint l’objectif de mon sujet qui s’est aussi révélé au moment même où je finissais le dessin. De faire voir la correspondance entre les temps et leurs éléments symboliques qui composent les dessins, eux aussi lisibles dans leurs moments temporels propres et distincts, tel était mon dessein : Joseph (recto) transparaitrait dans la figure de Jésus (verso), la figure intemporelle de Marie continuerait sa percée vers elle-même (recto vers verso)… mais que celle du nouveau-né Jésus transparaisse dans la lumière de son propre devenir comme Esprit-Saint et se retrouve non pas seulement dans le propre sein de Marie (recto), mais exactement en son coeur (verso), je ne m’y attendais pas. Je ne l’ai pas choisi a priori : la gageure s’est révélée au trait de la lumière finale, symétrique et pourtant dé-figuré.

Lawrence

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