La peinture a le temps

Lorsqu’il parle de son travail, qu’il associe étroitement dans sa genèse à celui de son ami Gorky, Hervé Télémaque nous donne une belle leçon sur le rapport du temps à la peinture. Certains de ses propos fustigent les jeunes artistes qui veulent peindre vite, trop vite même à son goût, comme dans un souci de rentabilité que la société actuelle voudrait nous imposer.

Je ne peux que souscrire à ce point de vue. Les tableaux récents tout comme les derniers dessins recto-verso se nourrissent du temps qui les fait mûrir.  La lenteur est source de  sagesse et de force. Elle permet à l’image de trouver sa place, son émotion et son véritable caractère. Le temps permet aussi et surtout aux différentes strates de se « sédimenter » à la surface du dessin, de la toile, ce que la précipitation n’aurait jamais pu permettre d’instaurer dans l’image. C’est ce qui motive ma peinture aujourd’hui. J’étais pourtant bien sur des tempi plus violents, me faisant moi-même violence pour être dans l’air du temps. Pourtant, je sentais bien une contradiction avec ma nature profonde… laquelle finit par l’emporter : le temps sera mon allié, ou bien l’oeuvre ne sera pas. Et si le temps c’est de l’argent, chacun y trouvera finalement son compte : la qualité au détriment de la productivité ; le sens au détriment de la répétition et des clichés.

Nous avons toujours le choix…

Lawrence

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