Recto-verso : Les Dorians

Ces images, dessinées à partir de 2012, s’inspirent librement de la thématique (philosophique) initiée par Oscar Wilde dans son célèbre roman fantastique Dorian Gray. Elles ont donc une particularité : elles sont visibles des deux côtés : une face mise en lumière répondant à une face dans l’ombre de celle-ci (Cf. vidéo : https://youtu.be/rn4MiFpEhc4 et https://youtu.be/8myCHLfCiQs et https://youtu.be/Jyklvi9Ur8U ). C’est ce qui fonde leurs spécificités plastiques, mais aussi leur dimensions métaphoriques, voire métaphysiques.

L’intention est de porter le regard au-delà des évidences des images produites (deux visages dessinés et imaginés) vers ce qui pourrait se dissimuler derrière leurs couches, vers leur intimité propre et intrinsèque. Ainsi, les Dorians sont destinés à être vus, montrés des deux côtés, pour offrir ainsi une vision dialoguante entre les deux faces, ce qui renvoie le spectateur lui-même, et sa posture de «regardeur traditionnel », vers une attitude nouvelle et volontaire à faire le tour de l’objet dessiné. Le spectateur doit en effet prendre conscience que l’image n’est pas unique et qu’elle implique de sa part une posture particulière, d’où la mise en scène qui invite à aller voir de l’autre côté de l’image. Ensuite, il y a une volonté de faire se répondre les deux dessins en créant des liens que seule la lumière peut « révéler ». Par là, il y a donc l’intention de questionner le dessin dans sa forme la plus admise et la plus communément pratiquée : interroger le geste graphique dans son essence (poser et informer la matière sur une surface) ; pour jouer avec sa matérialité et ses formes (la mise en relation des deux faces qui se répondent, entrent en échos ou se contredisent du fait du jeux des transparences et des opacités orchestrées notamment par les huiles claires et sombres utilisées) ; pour enfin et surtout, par la mise en scène du dessin, repenser le statut du geste graphique lui-même, en donnant au dessin son statut d’objet pleine et entière (puisque le dessin, suspendu dans sa boîte en verre synthétique, est posé comme un volume dans l’espace).

Mon travail prend sa source dans des pratiques initiées par des artistes divers et néanmoins prépondérant comme Daniele da Volterra, Paul Klee, ou encore, plus précisément, par les œuvres recto-verso de Miquel Barceló. Tout comme chez ce dernier, le rôle de la lumière et son rapport à l’oeuvre offre ici une entrée cruciale, puisque ces images ne peuvent être perçues que dans la lumière qui les « transperce » et les révèlent. Sans quoi « la personnalité » de mes Dorians ne pourrait prendre sens ni prendre corps dans toute leur étendue dans l’esprit du spectateur.

 

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