Artiste picnoleptique

Peinture, dessins, sur les thématiques du paysage et du portrait – visage, Lawrence développe une pratique protéiforme aux centres d’intérêts simples et liés d’abord à la surface et à « l’aspect de l’oeuvre » dans une visée particulière et toute personnelle que ce passage de l’ouvrage de Paul Virilio peut en effet résumer : « Ce que la science essaie de mettre au jour, « le non-vu des instants perdus », devient (chez Méliès) la base même de la production de l’apparence, de son invention. Ce qu’il montre de la réalité c’est ce qui réagit continuellement aux absences de la réalité qui est passée. C’est leur « entre-deux » qui rend visibles ces formes qu’il qualifie « d’impossibles, surnaturelles, merveilleuses ». (In Esthétique de la disparition, Paris, Editions Galilée, 1989, Le livre de poche, Biblio essais, p. 20)

Pour les paysages, au départ, il y a l’image de la réalité, triviale, non travaillée, juste saisie. Puis la peinture qui dresse ses couches et ses sous-couches plus ou moins vernies, plus ou moins pâteuses… comme si elle voulait nous cacher quelque chose, à explorer ! C’est là qu’il est poussé à envisager les pistes variées du dessin, cherchant à saisir « toutes les images » que peut promettre la peinture de la réalité. Il y a alors comme une volonté de remonter à l’origine de l’image en faisant des dessins depuis les empreintes de la peinture-matrice, depuis sa matière… Nouvelles matérialités, nouvelles sensations, nouveaux mondes ? Des images de l’absence, comme une quête du big-bang.

Sur une autre voie, il y a les visages, les portraits imaginaires dessinés. Ils exploitent la surface du papier et la densité des matières pour faire que la lumière et son jeu mêlent et entrechoquent les surfaces des faces représentées. C’est le dessin de l’absence : il faut tourner autour de l’objet dessiné pour qu’il vous donne ce que vous pouvez chercher à travers ce que la lumière voudra bien vous révéler !

Laissez-vous conter des histoires de Dorians…